Monsieur,
Il y a quatre jours qu'ayant receu vostre lettre du quatriesme de Febvrier2 ie l'envoyay à monseigneur le grand chancelier3. Je vous remercie pour les nouvelles desquelles m'avez voulu faire part.
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Quant au baron de Canysi4 je n'ay pas eu l'honneur de le voir. Mais à toutes vos lettres qui m'ont esté addressées par diverses voyes j'ay faict response; et n'ay pas oublié de recommander voz affaires à mon dict seigneur le chancelier. Voilà le printemps qui vient pour nous fournir de plus ample matière pour escrire.
Le duc de Parme5 tout satisfait de balets, banquets, comédies va repasser les Alpes et va conter ses pays, pour sçavoir si en son absence il n'a rien perdu. Ceste feste ne sera pas si tost passée que nous n'attendions un autre à cause de duc Bernhard6 qui n'est guères long de Paris; le cardinal de la Valette7 y est desià entré.
Mons.r le comte de Soissons8 aura le soing dépendant de défendre la Champagne et le roy9 mesme veut aller en Picardie pour empescher les Croates n'y entrent.
Les affaires de Suède n'ont prospérant et croy que le mareschal Banier10 est dans la mesme ayant les Saxons esté repoussé trois fois du fort de Westen.
L'apparence de la tresve en Hollande recule, le cardinal-infant11 voulant voir premièrement le pouvoir donné de chasque province de celles qu'on appelle Unies avant que de faire voir le sien. Le traicté faict l'année précédente avecq la France12 et le désir qu'ont les marchands de se conserver le Brasil empescheront bien les Hollandois de n'aller pas trop viste pour trouver le repos.
Je souhaite de tout mon coeur, monsieur, de vous pouvoir estre utile, comme faisant profession d'estre
Vostre très humble serviteur.
A Paris, le 4 de Mars 1636.