Monsieur,
Celle-cy servira principalement pour vous advertir que voz lettres à, monsieur le grand chancelier2 et à monsieur Camerarius3 lesquelles m'envoyastes avecq celle que vous a pleu m'escrire le 12/22 de Juyn4 ont esté bien addressées, en quoy les vents nous ont esté si favorables qu'ils nous ont esté contraires depuis plusieurs sepmaines pour recevoir des nouvelles d'Hollande ou Poméraine.
D'icy ie vous voudrois pouvoir donner des meilleures que l'incertitude dans laquelle nous sommes pour Saverne, l'opiniastreté de ceux de Dolen, la prise de la Capelle et le siège de Guise par les Espagnols. Toutefois comme souventesfois le mal donne occasion au bien, nous voulons espérer que le danger s'approchant les fautes commises cy-devant se reculeront; et que ceux qui gouvernent donneront
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aux chefs des armées tels pouvoirs que la guerre requiert et des moyens nécessaires pour agir; que ceux qui maniront (?) les finances auront soing que ces sommes immenses d'argent qui se lèvent par toute la France soyent employés utilement; que les chefs et ceux qui soubs eux commendent aux armes feront que le nombre des soldats ne soit pas trop esloigné de celuy des villes et que les gouvernaments des villes et places seront mis entre les mains des gens cogneus de courage, conduicte et expérience. Nous devons aussy espérer la concorde et constance des alliés du roy5 en Italie, afin que la belle victoire acquise de là le Tisein puisse estre suivie par les effects remarquables. Outre la plaincte que ie vous ay faict des vents, il y a encores une autre à sçavoir qu'ils empeschent que l'armée navale du roy ne soit sur les costes d'Espagne où elle est fort redoubtée.Monsieur, ie demeure
vostre serviteur très humble.
Le 14 Juillet nov. styl.