Monsieur,
Vos deux lettres du 21 et 28 du passé2 m'ont donné gran suject de me contrister, voyant par icelles qu'ap[r]ès cinq mois passés les descomtes ne sont pas encor arrivées, non obstant que ie me trouve icy en très grande misère, mon gage me demeurant desià en arrière pour 29 mois. Ie vous supplie, monsieur, per omnia sacra d'obtenir au moins de monsieur Heuf3 qu'il m'envoye prontement ce qu'il peut vous ayant envoyé desià le récépissé et si ie ne suis pas bien assisté, ego redigar hic ad stipem cum maximo meae functionis contemtu.
Les Grisons ont rappellé mille piétons de ceux qu'ils ont dans le Milanois pour la garde de leur forts que l'Espagnol payera. Le reste vous entendray des ionts icy et ce que i'ay de Constantinople le manderay par le prochain ordinaire4 n'ayant peu suppléer à tout pour ce coup.
Mon escrivain5 est encor malade pour avoir le mal au plus haut degré, et quia vir doctus et magister artium est, ie ne l'ose abbandoner, n'ayant de quoy le payer.
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C'est une pitié de servir de telle façon que moy et ie ne l'ay point mérité on m'avoit aussy promis le payement de mon gage chaque trois mois, car c'est pour cela que i'avoi demandé si peu, ayant peu avoir sur le papier autant que les autres.I'attendray vos nouvelles avec impatience demeurant tousiours, monsieur,
Vostre serviteur
Marini.
En haste de Zurig, ce 3/13 de Jenvier l'an 1639.
Boven aan de brief schreef Grotius: Rec. 26 Ian.
In dorso: 13 Ian. 1639 Marin.
Met andere (latere) hand: Lett. de Marini 13 Jann. 1639.