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Monsieur,
La lettre que je vous envoye, vous tesmoignera comme j'ay eu le bonheur de veoir le veritable Grison, lequel m'a assisté de ses sages conseils, fruicts de tell'aage et de telle erudition. Avant que d'arriver à Coire2 j'ay veu en passant un grand personnage, lequel vous honore fort et en cette consideration m'a fort bien receu et traitté et promis beaucoup d'assistance au dessein qui m'ammene, qui est un seigneur de ce[s] quartiers nommé Salis,3 qui a deux fils, capitaine[s] des gardes du roy tres chrestien,4 et luy-mesme esté longtemps mareschal de camp au service dudit roy. Il me faict esperer le passage par ces cantons sans qu'il m'en couste rien, à quoy personne de ceux qui font des levées n'a peu parvenir,5 le tout en vostre consideration. Si j'osois vous prier de quelque chose, ce seroit de luy en escrire un petit mot de remerciement.6 Sans doubte cela l'inciteroit encore davantage à me faire du bien. Monsieur Marini qui est grandement de ses amis le luy feroit tenir.
J'arrive si tard et parts de si grand matin que je n'ay eu le temp[s] de m'enquester d'aucune novelle pour vous en faire, comme aussy de rendre mes debvoirs à ma mere, à laquelle je suis, comme à vous, monsieur,
vostre tres humble et tres obeissant fils,
C. de Groot.
A Coire, ce 12/22 de Septembre 1643.
Bovenaan de brief schreef Grotius: Rec. 15 Oct.