On dit qu'il y a une grande sédition en Catalogne, que le peuple animé par les Estats auroit taillé en pièces 8000 hommes levez et destinez pour le secours de Leganez2, que lesdits Estats auroyent envoyé au sieur d'Espenan3 pour le solliciter à leur obtenir secours et main fort; que depuis peu le marquis de Leganez ayant refait son armée auroit tenté de secourir Thurin et voulu y faire entré des vivres et munitions le long d'une petite rivière; que le vicomte de Thurène4 seroit venu avec des trouppes au devant et auroit deffait les premiers rencontrez, couché 8 ou 900 morts sur le champ et repoussé le reste, prins les vivres et munitions destinez pour ceux de la ville. Ledit vicomte seroit blessé, mais favorablement.
Le comte de Harcourt5 auroit maintenant 14000 hommes en tout et pour y faire courir les volontaires, le roy luy a donné le pouvoir absolu de donner les charges vacantes par mort, horsmis du régiment des gardes.
Le sieur de la Roque-Cervières6 auroit esté tué dans la citadelle d'un coup de canon tiré de la ville.
Le marquis de Leganez auroit mandé aux Montferrains qu'il envoyeroit les brusler, le sieur de la Tour7 luy auroit remandé, que s'il brusloit le moindre village, qu'il trouveroit plus à brusler sur les Espagnols et qu'il ne donneroit point de quartier aux prisonniers.
Le roy va à Amiens. Rantzau8 a esté grandement caressé par son Eminence9. On
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n'espère pas plus grand effet de l'armée de monsieur de Chastillon10 que de celle du prince d'Orenge.Adres: A son Excellence monseigneur monseigneur l'ambassadeur de la royne et couronne de Suède chez le roy trèschrestien, à Paris.