Monsieur,
N'ayant depuis longtemps de vos lettres, ie vous diray briefvement comme
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Göz2 s'approche de la Suisse et ores bat deux chasteaux au voisinage à sçavoir Blumberg et Gutemberg où il y a quelque provision pour monsieur de Veimar3 avec peu de garnison qui ne pourra défendre ces places-là.Il semble que les impériaux tâchent assiéger Laufenburg ou Reinfelden demandant de ceux de Schaphausen le passage par leur ville et qu'ils y puissent faire un magazin ou en quelque aultre lieu de la Suisse où à la fin le fais de la guerre tombera.
Sur ce suject le conseil de Zurig est ce iourd'huy assemblé duquel aussy Schaphausen voudra dépendre et crain-ie comme nos gens sont sans résolution qu'ils ne permettent le passage et des vivres aux impériaux, voulant par leur neutralité maintenir la grâce de tous les deux partis.
Savelly4 est battu par le secours de France auprès de Blasmont, ayant perdu tout son bagage et munition avec trois tonneaux d'argent. Nous en attendons plus de particularitez.
Les ambassadeurs Grisons5 sont encor en Espagne où on les veut come ie croy tenir pour tant d'ostages jusques à la fin de ceste guerre. Ils n'ont encor rien conclu pour la Voltoline et le bruict qu'on en a semé vient du colonel Janachi6, qui eo habitus amicorum inter Rhaetos expiscari coepit.
Ie vous prie, monsieur, de m'adviser si toutes mes lettres arrivent bien en Suède et s'il y a apparence que le sieur Heuf7 me payera bientost de ce qu'il me doit de reste.
Plura proxima occasione.
Ie demeure, monsieur,
En haste de Zurig, ce 7/17 de IXbre 1638.
Tout le vostre
Marin.
Le bailo de Venise8 est emprisonné à Constantinople et gardé par cent Janitseres.
Boven aan de brief schreef Grotius: Rec. 1 Dec.9.
In dorso: Novemb. 16 (?) 1638 Marini.